samedi 24 janvier 2009

Défi 2009

En me baladant sur les blogs, j’ai aperçu un certain nombre de défis, souvent beaucoup trop contraignants, pour me tenter. Pourtant, cette idée a cheminé en moi.

Je me propose de me consacrer à un « classique » par mois en 2009. J’entends par là, un ouvrage, que j’ai très envie de connnaître, mais qui nécessite aussi de la persévérance.
Ce rythme devrait me permettre de lire aussi, de manière spontanée au fil du hasard des rencontres.

J’ai commencé en janvier par Virginia Woolf, Mrs Dalloway.

Celui du mois de février pourrait se nommer Ulysse de James Joyce.
La suite de la liste dépendra de la météo de mes émotions du moment... (mais également, de manière plus prosaïque, de mon temps disponible).

dimanche 11 janvier 2009

Ritournelle de la faim, LE CLEZIO

Rendez-vous manqué, dégustation sublime

Le Clezio : lecture obligatoire au collège, souvenirs de descriptions infinies, floues… bref très loin de mes préoccupations.
Prix Nobel, habituellement j’apprécie l'aventure de ces auteurs.
Dilemme. Heureusement un cadeau se présente : Ritournelle de la faim.

Cette fois, le charme opère. Du bout des mots Le Clezio construit un univers où le lecteur a la place d’un invité et non une position de voyeur.

Je m’attache quasi corporellement aux personnages. La petite fille et son grand oncle, relation unique, noble, majestueuse. Je les observe au loin, je vis chaque personnage… la magie.

Le Clezio use de la séduction en douceur pour mieux nous faire expérimenter la complexité humaine, les cassures de la vie. Que la vie soit magnifique ou sordide, je ressens le respect, le soutien de l’auteur. Le père qui pourrait attirer toute mon agressivité finit par m’attendrir.

J’aime l’image de la maison en bois que l’on retrouve sous des angles différents et ce qu’elle symbolise. Elle laissera place à un immeuble sans charme, un appartement peu confortable, l’errance…

lundi 1 décembre 2008

On s’y fera, ZOYA PIRZAD


J’avais été attirée par un article sur un autre ouvrage de cette femme:
http://passiondeslivres.over-blog.com/article-24245522.html.

Arezou vit enfermée dans les désirs de sa fille et de sa mère. Elle s’énerve, mais finit toujours pas céder à tous leurs caprices. Arezou semble animée par la volonté profonde d’aider son entourage ce qui l’épuise aussi. Un homme apparait…

Ce livre ressemble à un repas que l’on déguste. Il se situe tant dans le quotidien du travail, des soirées, des moments partagés et aussi dans l’inhabituel, le plat inconnu, non attendu (comme le trajet en bus, le repas dans un appartement, les caves lumineuses, je n’en dis pas plus).

Cette lecture est aussi une belle occasion de voyager en Iran. J’ai été frappée par la présence du foulard : il peut tomber, être froissé, à l’envers, l’occasion de tracas. Il revient régulièrement dans ce texte presque comme un personnage.

jeudi 27 novembre 2008

Le Rouge et le Noir, STENDALH

Adolescente, j’étais extrêmement réticente vis-à-vis des lectures conseillées, nécessaires, obligatoires… Vous comprenez donc que Stendhal faisait partie de la liste noire !

Et si finalement je m’ouvrais à une littérature autre que contemporaine ?

Ce roman m’a tout d’abord surprise, intriguée. J’avoue quelques ennuis lors des débuts de Julien à Paris.

Et pourtant je pense déjà le relire, beau paradoxe !

J’ai envie de déguster plus doucement ce texte, de retrouver ses personnages, de m’interroger sur les sentiments, les comportements, les désirs de chacun.

Ce texte ne s’est pas livré à moi aussi facilement que d’autres : il m’a demandé de l’apprivoiser.

Que dire pour le conseiller ?
Il propose une réflexion sur l’ascension sociale. Trop réducteur.
Il contient toutes les questions humaines comme l’avenir, l’amour, l’accomplissement, l’envie… On dirait un abrégé de philosophie.

Ou plutôt suivez le parcours improbable de Julien Sorel…

mardi 11 novembre 2008

Une journée D’Ivan Denissovitch, SOLJENITSINE

ou comment créer l’évènement dans une routine assourdissante.
Sur les conseils d’un ami, je me suis plongée dans ce livre. Pas très convaincue, j’ai été agréablement surprise.
Soljenitsine réussit à nous passionner avec une journée dans un goulag. Son écriture m’a emportée, m’a fait voyager dans un autre monde.

On se sent vibrer au même rythme que Choukhov : faire en sorte d'obtenir une soupe consistante, cacher son outil, se débrouiller pour calfeutrer les fenêtres. La vie est présente malgré les conditions effroyables car Choukhov a encore des désirs, il réfléchit à la manière d’améliorer son quotidien, de se battre pour conserver sa place.

L’horreur de ce quotidien revient en refermant le livre, la magie de Choukhov n’opère plus.
Même dans un environnement autoritaire, où l'individualité n'a logiquement pas de place, la transgression et le contournement des règles sont permanentes.

lundi 10 novembre 2008

Elégie pour un Américain, Siri HUSTVEDT

J’avais déjà lu Tout ce que j’aimais. Ce livre m’avait enchanté par sa description, à travers certains personnages, de la création mélangeant force, expression des failles et labeur. Elle semble particulièrement douée pour conter le bonheur comme les évènements funestes à porter ensuite.

En cherchant un cadeau, je retrouvais cette auteure, par hasard et l’envie de découvrir un autre texte d’elle.
J’ai parcouru ce roman avec délice et frénésie. Cette femme réussit à construire un univers peuplé de personnages en quête de soi, qui s’interrogent sur leur histoire et se confrontent à l’acceptation de la réalité. En narrant la vie quotidienne, les conversations, les rêves de ces américains elle nous introduit dans leurs mondes et dévoile progressivement leurs fragilités.

Erik et Inga viennent de perdre leur père et découvrent une lettre énigmatique. Miranda et Eggie s’installent au rez-de-chaussée de la maison d’Erik. Lane obsédé par les photos, traque Miranda et Eggie puis Erik. Sonia est encore sous le choc de la mort de son père et du 11 Septembre. Un fils inconnu surgit…

J’ai eu l’impression de lire un polar, la recherche de chaque personnage pour se libérer du poids de l’histoire est écrite de manière extrêmement vivante, et me donne l’impression d’être pratiquement présente dans chaque scène.

Je recommande vivement la lecture de ce livre. Même après l’avoir fini, je vois encore Erik devant son bureau en train de lire, Eggie qui attachent différents objets avec de la ficelle, Burton tout dégoulinant, Inga tremblante d’émotions et de peurs…

samedi 8 novembre 2008

l'aventure d'un blog

Bonjour cher lecteur,

Depuis quelques semaines, j'ai investigué les blogs de lecteurs. J’avais envie de lire les goûts de passionnés comme moi, et ouvrir mon univers littéraire. Et puis une question surgit: et pourquoi pas moi?

Moi qui aie le désir d'écrire, ça pourrait être une idée. Les interrogations se suivent. Qu’est-ce que j’aimerai communiquer ?

Je me suis remémorée un texte de Alberto Manguel, Journal d’un lecteur. Je souhaitais, en suivant son exemple, livrer quelques réflexions sur mes lectures, les relier à l’actualité, transcrire mes sensations.

Il y a tellement de blogs, d’écrits, je ne vais faire que redire. Peut-être, et alors ? Je voulais tenter l’aventure. Et surtout aller plus loin dans cette passion de la littérature, en la pensant plus et en m’efforçant de découvrir les classiques.

A bientôt,

Marie